Armée française : les dangers de la miniaturisation

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L’armée française est en guerre depuis qu’elle a mis les pieds en Afghanistan. Nous sommes entrés dans l’ère des incertitudes et des menaces décrites par le président. La guerre froide est terminée et avec elle ses scénarios apocalyptiques.
Les nouvelles menaces nécessitent de repenser les armées, tant dans leur format que dans leurs missions. Si les menaces diffèrent de par leur nature, la probabilité des risques demeure élevée. Les nouveaux blocs se constituent et avec eux des arrimages « régionaux » dont la sensibilité politique et religieuse risque, sur des terrains stratégiques - veinés de gazoducs et pipelines – de servir de boutefeux et d’embraser ces zones extrême-orientales avec des répercussions majeures en Occident.
Par Jacques Trappler
La guerre est désormais inscrite dans les menaces des quinze prochaines années. Terrorisme, conflits armés, catastrophes sanitaires provoquées, cet arsenal de déséquilibres est particulièrement dangereux parce que parmi les pays impliqués, certains sont détenteurs de l’arme nucléaire dont la prolifération ne pourra être arrêtée seulement par la voie diplomatique. L’offensive pourrait être un moyen d’éradiquer la prolifération. Ses conséquences doivent être non seulement évaluées, mais passer par un renforcement de notre défense territoriale. Ce dernier élément devrait nous inciter à ne pas baisser la garde. Seulement voilà, la réponse budgétaire risque de l’emporter sur les bonnes intentions. Nous savons fort bien que notre sol peut être immédiatement la proie d’actions terroristes d’origine interne, programmées ou non, et dont le déclenchement nous échapperait par manque de moyens militaires ou civils de détection.
Aujourd’hui, nous sommes engagés dans un conflit somme toute classique du point de vue des opérations militaires. L’Afghanistan est là pour nous le rappeler, la guerre dite conventionnelle a de beaux jours devant elle.
Entre la reconnaissance terrain d’une section d’infanterie de 2008 en Afghanistan et la même mission en Indochine en 1954, il n’y a qu’une différence de paysage. Il conviendrait de ne pas enterrer trop vite l’Infanterie au profit d’unités informatiques aux écrans plats mais au contraire de miser sur un rééquipement de nos forces terrestres, tant en matériels qu’en hommes. Or, l’impression qui prédomine aujourd’hui, est celle d’une miniaturisation tous azimuts de nos forces avec, en filigrane, une autosatisfaction budgétaire et une dangereuse méthode Coué portant à nous convaincre du bien-fondé de notre décision.
Notre armée, aujourd’hui, est saupoudrée de par le monde avec un engagement guerrier majeur en Afghanistan, zone de combat qui exigera de la part de la France davantage d’efforts que ceux consentis par Nicolas Sarkozy, avec risque d’enlisement à la clef. Réduire la voilure de nos forces, dans ces conditions, manque de congruence puisqu’elles seront appelées, de plus en plus avec celles de l’OTAN, à jouer un rôle majeur dans des conflits conventionnels dont l’Afghanistan n’est qu’un prélude, au risque de découvrir nos flancs européens. En agissant de la sorte, nous plaçons donc l’Europe et notre pays en particulier en situation de faiblesse. Nous ferions bien d’y penser et de très vite y remédier.
Le président a choisi de mettre dans le même pot toutes les menaces – climatiques, épidémiques, terroristes, etc. - alors que leur traitement, en cas d’explosion de l’une ou de l’autre, demandera un traitement qui ne pourra, pour l’une, être réglé que de façon militaire et pour l’autre, que de façon civile.
Cet amalgame alimente les fantasmes de peurs les plus folles plutôt qu’il ne prédispose à les contenir. Ce que nous savons, c’est que nous entrons dans une instabilité aux risques augmentés. Ce que nous ne comprenons pas, c’est que face au degré d’alerte évoqué dans le Livre blanc, nous décidons de minimaliser les forces dédiées à la résolution des problèmes évoqués ! L’engagement en Afghanistan fait partie des missions inscrites dans le Livre blanc et nous n’avançons pas d’un pouce vers l’objectif initial d’éradiquer Al-Qaïda. Il conviendrait donc de repenser nos actions avec nos alliés et de trouver rapidement une solution, fusse-t-elle de désengagement conditionnel de la zone dès que l’Afghanistan sera réorganisé ; et cela, nous le savons, n’arrivera jamais. Nous sommes donc condamnés à aller jusqu’au bout de notre logique d’engagement : guerre conventionnelle longue. Tout cela pour signifier que les missions de ce type risquent, pour nos armées, de se multiplier, demandant plus d’efforts en effectifs et en matériels alors que le choix politique va vers le rationnement. Nous sommes en face d’une contradiction qui risque de nous coûter cher.
12 commentaires pour cet article
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Bob 21 décembre 2008 09:58
Pratique massive de la guerre de nuit (nécéssite des optiques de vision nocturne pour tout le monde).Si cette approche est largement appliquée, les combattants talibans et autres mercenaires du camp adverse auront à affronter un ennemi invisible, qui lui, les voit.
Si ils s’adaptent grace à un équipement similaire, ils signent leur arret de mort.
Cela reviendrait pour eux à entrer en lutte sur le plan technologique et on sait tous trés bien ce qui arrive aux équipements éléctronique quand ils séjournent dans des caches ou qu’ils sont bombardés d’ondes electromagnétique ; ils ne marchent plus ou mal.
Politique d’éradication massive du pavot, soutenue par une politique de dédomagement financier à l’égard des cultivateurs.C’est crade, c’est pas écolo du tout, mais le pavot (ou plutot ses dérivés) rapporte trop d’argent aux mouvements terroriste.
Voir en ligne : http://www.bandecon.com
Et avec ils engagent, forment, et équipent des combattant. -
tony 16 décembre 2008 18:31
Ce que tu oublies mon cher chassepot c’est que l’Angleterre a conquis des colonies ou les peuples dans la majorités d’entre eux ne connaisaient meme pas la poudre donc imagine les a la vue d’un fusil, a l’heure actuelle ce n’est plus le cas quel que soit ton enemie il possede des armes conventionnels identiques en Afganistans notre technologie nous aide un peu mais le boulot principale doit etre fait par le biffin avec son fusil et la ils sont plus fort que nous .
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tango 11 octobre 2008 12:00
aujourd’hui on est plus au temps des croisades,et si on continu dans cette voie,on sera les nouveau colonisé avec notre politique budgétaire vis a vis de l’armée,on a beau faire parti des 6 grandes puissance économique et avoir la bombe nucléaire,les nouvelles guerres ne se font pas à coup de nucléaire,mais bien comme une guérilla et cela implique que nos armée soit équipées correctement,si non ,on ne joue pas dans la cour des grands avec seulement un lance-pierre contre un fusil.
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Chassepot 1er octobre 2008 16:32
@ Requin (14 septembre 10:26)
Depuis quand la puissance d’un pays se juge uniquement par sa superficie ou même la taille de se population ?
L’Angleterre a conquis le monde en possédant moins de 10 millions d’habitants et en ayant un territoire deux fois plus réduit que la France métropolitaine.
La Chine a été colonisée et soumise aux puissances étrangères pendant 150 ans en étant l’un des pays les plus peuplés et les plus grands du monde.La France n’est pas un petit pays, elle fait partie des 6 grandes puissances économiques et militaires de la planète, elle est membre permanent au conseil de sécurité, elle possède la force de frappe nucléaire.
La France est un grand pays qui a un rang à tenir et de lourdes responsabilités à assumer dans le monde. -
tango 16 septembre 2008 15:39
et oui,pendant ce temps nos voisins s’arment et on une autre vision de l’avenir


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