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Armée française : les dangers de la miniaturisation

publié le dimanche 19 octobre 2008

L’armée française est en guerre depuis qu’elle a mis les pieds en Afghanistan. Nous sommes entrés dans l’ère des incertitudes et des menaces décrites par le président. La guerre froide est terminée et avec elle ses scénarios apocalyptiques.

Les nouvelles menaces nécessitent de repenser les armées, tant dans leur format que dans leurs missions. Si les menaces diffèrent de par leur nature, la probabilité des risques demeure élevée. Les nouveaux blocs se constituent et avec eux des arrimages « régionaux » dont la sensibilité politique et religieuse risque, sur des terrains stratégiques - veinés de gazoducs et pipelines – de servir de boutefeux et d’embraser ces zones extrême-orientales avec des répercussions majeures en Occident.


Par Jacques Trappler


La guerre est désormais inscrite dans les menaces des quinze prochaines années. Terrorisme, conflits armés, catastrophes sanitaires provoquées, cet arsenal de déséquilibres est particulièrement dangereux parce que parmi les pays impliqués, certains sont détenteurs de l’arme nucléaire dont la prolifération ne pourra être arrêtée seulement par la voie diplomatique. L’offensive pourrait être un moyen d’éradiquer la prolifération. Ses conséquences doivent être non seulement évaluées, mais passer par un renforcement de notre défense territoriale. Ce dernier élément devrait nous inciter à ne pas baisser la garde. Seulement voilà, la réponse budgétaire risque de l’emporter sur les bonnes intentions. Nous savons fort bien que notre sol peut être immédiatement la proie d’actions terroristes d’origine interne, programmées ou non, et dont le déclenchement nous échapperait par manque de moyens militaires ou civils de détection.

Aujourd’hui, nous sommes engagés dans un conflit somme toute classique du point de vue des opérations militaires. L’Afghanistan est là pour nous le rappeler, la guerre dite conventionnelle a de beaux jours devant elle.

Entre la reconnaissance terrain d’une section d’infanterie de 2008 en Afghanistan et la même mission en Indochine en 1954, il n’y a qu’une différence de paysage. Il conviendrait de ne pas enterrer trop vite l’Infanterie au profit d’unités informatiques aux écrans plats mais au contraire de miser sur un rééquipement de nos forces terrestres, tant en matériels qu’en hommes. Or, l’impression qui prédomine aujourd’hui, est celle d’une miniaturisation tous azimuts de nos forces avec, en filigrane, une autosatisfaction budgétaire et une dangereuse méthode Coué portant à nous convaincre du bien-fondé de notre décision.

Notre armée, aujourd’hui, est saupoudrée de par le monde avec un engagement guerrier majeur en Afghanistan, zone de combat qui exigera de la part de la France davantage d’efforts que ceux consentis par Nicolas Sarkozy, avec risque d’enlisement à la clef. Réduire la voilure de nos forces, dans ces conditions, manque de congruence puisqu’elles seront appelées, de plus en plus avec celles de l’OTAN, à jouer un rôle majeur dans des conflits conventionnels dont l’Afghanistan n’est qu’un prélude, au risque de découvrir nos flancs européens. En agissant de la sorte, nous plaçons donc l’Europe et notre pays en particulier en situation de faiblesse. Nous ferions bien d’y penser et de très vite y remédier.

Le président a choisi de mettre dans le même pot toutes les menaces – climatiques, épidémiques, terroristes, etc. - alors que leur traitement, en cas d’explosion de l’une ou de l’autre, demandera un traitement qui ne pourra, pour l’une, être réglé que de façon militaire et pour l’autre, que de façon civile.

Cet amalgame alimente les fantasmes de peurs les plus folles plutôt qu’il ne prédispose à les contenir. Ce que nous savons, c’est que nous entrons dans une instabilité aux risques augmentés. Ce que nous ne comprenons pas, c’est que face au degré d’alerte évoqué dans le Livre blanc, nous décidons de minimaliser les forces dédiées à la résolution des problèmes évoqués ! L’engagement en Afghanistan fait partie des missions inscrites dans le Livre blanc et nous n’avançons pas d’un pouce vers l’objectif initial d’éradiquer Al-Qaïda. Il conviendrait donc de repenser nos actions avec nos alliés et de trouver rapidement une solution, fusse-t-elle de désengagement conditionnel de la zone dès que l’Afghanistan sera réorganisé ; et cela, nous le savons, n’arrivera jamais. Nous sommes donc condamnés à aller jusqu’au bout de notre logique d’engagement : guerre conventionnelle longue. Tout cela pour signifier que les missions de ce type risquent, pour nos armées, de se multiplier, demandant plus d’efforts en effectifs et en matériels alors que le choix politique va vers le rationnement. Nous sommes en face d’une contradiction qui risque de nous coûter cher.

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10 commentaires

Tony (10 septembre 16:57)
Aux heures d’une remilitarisation de toutes les grandes puissances (USA,Russie,Chine,Japon.....)la demonstration Russe en Géorgie et en Tchétchénie et autres satellite nous montre le renouveaux de l’armée russe tant effectifs que dans l’équipement, les Européens délaissent leurs armées aux niveaux budgétaires et effectifs, le materiels et a bouts de souffles dans nombres de pays européens(France, Italie,U.K,Espagne.....et bien d’autre encore) les allemands sont mieux équipés que nous :-O un homme et un fusil c’est le boulot ingrat du biffin mais indispensable les ordinateurs ne sont pas aptes a ce travail de fourmi comme en Indochine,Viet-nam, ou quadriller le trerrain comme on a pu le voir en Algerie par une victoire militaire car la france en avait consentie les moyen pour gagner, mais la politique appartient aux politiciens et non aux militaires qui font le travail le plus dangereux et le plus dure.Ils faut donner a notre armée les moyen de notre ambition en Europe et dans le monde.
Requin (14 septembre 10:26)

Cette article aurait été pertinent si le Livre Blanc visait à réduire l’efficacité de l’armée française. Hors, c’est exactement l’inverse ! Si il va bien y avoir un forte réduction d’effectif, la capacité de projection, elle, va augmenter puisque les objectifs du plan armée 2015 était très loin d’être atteint, en particulier les soit-disant 50.000 hommes projetables.

Aujourd’hui, c’est vrai, la France a une guerre de retard en matière en matière d’équipement mais il ne faudait pas non-plus que les journalistes qui ce disent spécialistes du sujet en est 2 ou 3. Le fait est que le France est un PETIT pays (moins d’1 % de la population mondiale pour une surface au moins largement aussi petite) qui ne peut se protéger seul des menaces actuelles (terrorisme internationale, néo-soviétisme russe,...) et le seul moyen de se protéger est de faire parti d’un ensemble beaucoup plus puissant. L’Europe de la Défense n’existant pas, la seule solution est donc l’OTAN. Il est donc tant d’arrêter de croire qu’on est les seuls à avoir raison, qu’on est capable de se débrouiller seul etc, etc, pour revenir dans la dure réalité.

tango (14 septembre 11:36)
oui, mais dans le livre blanc,on ne te dit pas que l’armée à du acheter du matos à l’étranger pour nos soldats en Afghanistan,et ce n’est qu’une petite parti de notre armée,alors imagine s’il faut acheter pour le reste de notre armée,la guerre est perdu d’avance,on serai plus vite servi en achetant des armes et d’autres au marché noir.
georges56 (14 septembre 18:52)
La France n’est pas obligée comme vous le dites de s’intégrer durablement dans un ensemble plus vaste. On oublie qu’elle dispose de plus de moyens qu’en 39 ! Nous avons bien assez d’exocet pour couler 10 fois la Royal Navy, suffisamment d’ogives nucléaires pour détruire un pays comme les USA... On peut donc se défendre seul et c’est déjà pas mal.
campanella (15 septembre 01:15)
le vrai danger n’est-il pas d’avoir cassé (pulvérisé) ce qui différenciait jusqu’ici la politique française de l’anglo-saxonne, et conférait à la France du respect dans le monde ? al qaida est une invention US de toutes pièces, un terme générique : mais qu’il soit devenu ou qu’il devienne une bannière n’avance à rien, puisqu’il génère tous les jours mille groupes qui n’ont rien à voir les uns avec les autres sauf venger leurs proches. Fallait-il que la France s’empare de cette fiction ? Combattre là-bas évite de combattre ici, c’est le dogme US, qui d’ailleurs est assez vrai pour eux jusqu’ici (en laissant de côté le cas suspect du 9/11). Ce dogme, l’appliquer à la France, c’est nous condamner à des moments difficiles. On peut se demander s’ils ne sont pas voulus. Non, je ne plaisante pas.
tango (15 septembre 11:44)
effectivement, ta théorie n’est peut-être pas si fausse,parce que de plus en plus de gens se pose les mêmes question,ni aurait-il pas une part de vérité qui est peut être difficile à croire et qu’on ne veut pas croire parce qu’elle est difficile à entendre.
big (15 septembre 22:15)
On recommence comme en 39,crise financière, désarmement assorti d’un :« Nous vaincrons, parce que nous sommes les plus forts » avec nos bandes molletières et nos fusils/cannes à pèche, protégés dans notre pharaonique « Ligne Maginot », Pendant ce temps là, le voisin.....
tango (16 septembre 15:39)
et oui,pendant ce temps nos voisins s’arment et on une autre vision de l’avenir
Chassepot (1er octobre 16:32)

@ Requin (14 septembre 10:26)

Depuis quand la puissance d’un pays se juge uniquement par sa superficie ou même la taille de se population ?

L’Angleterre a conquis le monde en possédant moins de 10 millions d’habitants et en ayant un territoire deux fois plus réduit que la France métropolitaine. La Chine a été colonisée et soumise aux puissances étrangères pendant 150 ans en étant l’un des pays les plus peuplés et les plus grands du monde.

La France n’est pas un petit pays, elle fait partie des 6 grandes puissances économiques et militaires de la planète, elle est membre permanent au conseil de sécurité, elle possède la force de frappe nucléaire. La France est un grand pays qui a un rang à tenir et de lourdes responsabilités à assumer dans le monde.

tango (11 octobre 12:00)
aujourd’hui on est plus au temps des croisades,et si on continu dans cette voie,on sera les nouveau colonisé avec notre politique budgétaire vis a vis de l’armée,on a beau faire parti des 6 grandes puissance économique et avoir la bombe nucléaire,les nouvelles guerres ne se font pas à coup de nucléaire,mais bien comme une guérilla et cela implique que nos armée soit équipées correctement,si non ,on ne joue pas dans la cour des grands avec seulement un lance-pierre contre un fusil.
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