Armée française : le temps des incertitudes ?

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« Le guerrier qui cultive son esprit polit ses armes. » Stanislas de Boufflers
L’armée est un des piliers fondamentaux de l’état. C’est à sa solidité que l’on peut juger de la vigueur d’une nation. L’Armée Française, depuis la chute de l’Union Soviétique a connu de grands bouleversements (environnement stratégique en évolution, fin de la conscription, restrictions budgétaires affectant le potentiel humain et matériel, évolution sociologique du pays se répercutant directement sur le recrutement). Cette institution vitale est t’elle toujours en mesure de remplir son rôle de défense ? Est-t-elle en mesure de contribuer à un rayonnement de notre nation dans le monde, voulu ou non par nos politiques ? Quelle autre fonction doit-elle et peut-elle remplir (éducation des jeunes, structuration de la société autour d’un idéal commun…) ? Cet article se propose de faire un état des lieux, non exhaustif, de l’Armée Française et principalement de l’Armée de Terre, du contexte général Français au quotidien des unités.
I Évolutions politiques, sociologiques et géopolitiques de la France.
A) International
La chute du mur :
Pendant des décennies, les armées françaises se sont préparées à un conflit de haute intensité dans l’éventualité d’une invasion soviétique. Il existait à cette époque au sein de l’Armée de Terre deux "régimes" :
les régiments professionnels de la FAR (Force d’Action Rapide) projeté sur les théâtres extérieurs où les intérêts directs de la France pouvait être en jeu ( 2ème Régiment Étranger de Parachutistes à Kolwezi).
les forces "classiques", alimentées par la conscription, se préparant à faire face à la Blitzkrieg soviétique. En décembre 1991, la menace soviétique disparaît.
Desert Storm :
Peu avant, en 1990, l’Irak de Saddam Hussein, qui jusque là avait bénéficiée du soutien de la communauté internationale (notamment au cours de la guerre contre l’Iran de 1980 à 1988), envahit le Koweït. Une condamnation unanime s’ensuivit, l’Opération Desert Storm, sous mandat onusien fut déclenchée. La France qui entretenait des liens pourtant étroits avec l’Irak, notamment par le biais de Total, participa à l’opération en envoyant la Division Daguet, constituée des principales unités de la FAR.
Les Balkans :
La chute de l’URSS eut pour conséquence directe la désintégration, plus ou moins encouragée par des puissances extérieures, de l’ex Yougoslavie. La France et l’Union Européenne en général durent avoir recours à la logistique otanienne pour prétendre pacifier la situation. Conséquence logique, en 1999, l’OTAN, sans mandat de l’ONU, envahit le Kosovo, province de l’État souverain de Serbie, entraînant dans son sillage une France, pourtant traditionnellement proche de Belgrade.
Le 11 septembre et l’Afghanistan :
Le 11 septembre 2001, l’organisation islamiste sunnite Al Qaeda, avec à sa tête le riche héritier saoudien Oussama Ben Laden, revendiqua les attentats perpétrés aux États Unis. En représailles, le président, mal élu, Georges W. Bush, déclencha une opération aéroterrestre sous la bannière de l’OTAN, avec l’aval de l’ONU. La France prit en charge le secteur de Kaboul. A l’été 2008, suite à l’élection du président Nicolas Sarkozy, la France envoya l’équivalent d’un bataillon en Kapisa, essentiellement armé par la 11ème Brigade Parachutiste. Le 18 et 19 août, 10 soldats français perdirent la vie dans une embuscade.
L’Irak :
L’administration Bush sur sa lancée se résolut à envahir l’Irak en 2003 et à en chasser son président dictateur Saddam Hussein. Sous prétexte d’une collusion entre Hussein et Al Qaeda, et au moyen d’une propagande intense, n’hésitant pas à user du mensonge, les États Unis tentèrent de rallier à leur combat la communauté internationale. Face à eux, aux côtés des traditionnels opposants que sont la Russie et la Chine, elle trouva l’Allemagne, et surtout la France forte de son droit de veto au Conseil de Sécurité.
Il semblerait que les troubles ivoiriens auxquels dut faire face la France en novembre 2004 lors de l’Opération Licorne auraient été "stimulés" par les États Unis ( drapeaux américains déployés par les partisans loyalistes, ou fourniture de "services" par des sociétés militaires, notamment israéliennes). En ce qui concerne l’Afrique, il est à noter que de manière générale la France y est contestée, si ce n’est par les États Unis, mais surtout par la Chine et autres puissances cherchant à se partager le gâteau.
Retour dans le commandement intégré de l’OTAN :
Pour parachever cette évolution, et tournant le dos à l’héritage gaulliste, la France, sous l’impulsion de son nouveau président, Nicolas Sarkozy, fit son retour au sein du commandement intégré de l’OTAN, en monnayant en échange les commandements de Norfolk et de Lisbonne. A l’heure des restructurations, la raréfaction des commandements pour les officiers supérieurs s’accroissant, on peut comprendre suite à cette annonce le soulagement de certains étoilés.
B) National
Individualisme et Libéralisme :
Sans entrer dans la querelle entre Modernes et Traditionalistes, il apparaît évident que notre société met particulièrement en avant l’individu et ses droits aux dépens de ses obligations vis à vis de la collectivité.
Les slogans de Mai 68 tels que « Il est interdit d’interdire » et « Jouir sans entrave » sont devenus des cris de ralliement pour toute une génération. Inutile donc de préciser que le service de l’État, nécessairement rigoureux et incorruptible a pris un coup dans l’aile. La structure militaire repose avant tout sur la discipline et sur les servitudes ( Servitude et grandeur militaires de Vigny ). Il est donc évident que l’armée, qui est un reflet de la société, ait été affectée par ces changements. Même s’il existe toujours un phénomène d’acculturation, il est cependant moins marqué que par le passé. Une certaine tolérance vis à vis des particularités se fait jour, ce qui pénalise le fonctionnement du collectif. J’y reviendrai plus en détails par la suite.
La "Réforme de l’État" (la RGPP) :
Depuis plusieurs décennies l’idéologie libérale a gagné du terrain en économie et donc en politique, au point de devenir prédominante. Les idolâtres de Smith et Friedmann vantant les mérites de la « main invisible » n’eurent de cesse de réclamer une diminution des prérogatives de l’État.
Si dans un premier temps, les Reagan (directement conseillé par Milton Friedmann), Thatcher et autres Barre, s’attaquèrent à l’État Providence et à son outrageante prodigalité vis-à-vis du bas peuple, et préservèrent les fonctions régaliennes, leurs épigones eurent moins de scrupules. Ce fut et c’est particulièrement le cas en France. Sous couvert du vocable orwellien de « Réforme de l’État », se déroule une véritable liquidation de l’État et donc de la France telle que nous la connaissons depuis Louis XIV.
Depuis juillet 2007, la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) s’applique directement au Ministère de la Défense. Concrètement cela se traduit par une réduction des effectifs des trois armées d’ici 6 ans de 270 000 à 220 000 hommes et par une diminution de notre puissance de feu (suppression d’un quart de nos effectifs de chars Leclerc, disparition d’une partie de notre artillerie sol-air). Ce sont donc les fonctions nécessaires à la conduite d’un conflit symétrique qui sont visées, augmentant ainsi notre dépendance vis à vis de l’OTAN. Une deuxième vague semblerait se préparer : http://secretdefense.blogs.liberati... Certains allant jusqu’à remettre en cause le suprême tabou de la dissuasion nucléaire, gageure de notre indépendance : http://www.lemonde.fr/opinions/arti...
L’Immigration de masse :
« La question de l’immigration est une question importante dans la crise identitaire en Europe, d’une certaine façon dans sa crise sociale. » Henri Guaino.
L’homogénéité de notre société est également remise en cause par le phénomène de l’immigration de masse datant des années 70. Il n’existe évidemment pas de chiffre officiel quant aux populations immigrées présentes sur notre territoire. Il n’existe pas non plus de statistiques sur la présence de jeunes issus de l’immigration au sein des armées, mais le phénomène est tangible et pose des problèmes concrets (rations « hallal », refus de partir en Afghanistan). Nombre de jeunes immigrés peuvent difficilement se retrouver dans les valeurs traditionnelles de notre pays, dans ses combats d’hier (Algérie), d’aujourd’hui (Afghanistan) et de demain. Sans stigmatiser unilatéralement l’immigration, les difficultés sociales rencontrées dans la société civile se retrouvent au sein des armées (monoparentalité, toxicomanie, endettement…).
II Évolutions doctrinales, sociologiques et matériels de l’Armée de Terre
A) Doctrine
Indexation doctrinale sur l’OTAN et les États Unis L’opération Desert Storm a marqué le début du rapprochement doctrinal de la France et de l’OTAN et donc des États Unis. Au niveau technique, il s’agit pour les armées françaises d’être inter-opérables.
L’ensemble des officiers, sous officiers et militaires du rang se doit d’apprendre au cours de sa formation l’ensemble des procédures otaniennes [transmissions, évacuation sanitaire (casevalreq et autre méthane), topographie (coordonnées UTM)…]. Le calibre 5,56 fait office de référence pour l’armement léger… Et évidemment, l’anglais est la langue de référence, envahissant les discussions quotidiennes des militaires français.
La transformation :
Dans les années 70, la déroute subie par les États Unis au Vietnam a profondément marqué le moral de l’armée américain. Une poignée d’officiers prennent conscience de la nécessité de réorienter la doctrine US. Dans la foulée des ouvrages des époux Toeffler (« Troisième Vague »), les théoriciens militaires ont l’intuition que la guerre future se gagnera par la maîtrise de l’information. L’émergence de nouvelles technologies, comme l’informatique et l’électronique, ils en sont persuadés, va bouleverser la conduite de la guerre, va la révolutionner : on parle de Révolution dans les Affaires Militaires ou Transformation. Selon Clausewitz « A la guerre, beaucoup de renseignements sont contradictoires, davantage encore sont faux et la majorité sont incertains ; [...] les faits sont rarement pleinement connus et leur motivations le sont encore moins. ». Tout l’art du chef de guerre est donc de lever ce brouillard afin de connaître la situation exacte de ces troupes ainsi que de celles de son ennemi. L’intuition est un des moyens de lever ce brouillard, la technologie en est un autre, grâce à des outils tels que l’informatique, les satellites et les drones. Jusque là, en raison de cette incertitude, les belligérants n’avaient comme solution que d’engager les troupes en masse, afin de créer un effet de surnombre. Les possibilités de manœuvre complexe étaient limitées. La guerre réseau centrée, ou C4ISR (Command, Control, Communication, Computers, Intelligence, Surveillance, Reconnaissance), bouleverse la donne. Les états majors ont à tout instant une connaissance exacte de la position de leurs unités et de celles de l’adversaire. Il est possible d’engager les trois armes (terre, mer, air) en même temps dans un ensemble de manœuvres extrêmement complexe qui permet d’assurer, avec une importante économie de moyens et en un temps record une domination totale de l’opposant. Par économie de moyens, il faut bien entendu entendre prioritairement « économie de vie humaine » : d’où le concept de « guerre propre », à zéro mort.
L’efficacité d’une telle stratégie a été démontrée durant les deux engagements en Irak, face à des armées régulières, organisées selon un modèle soviétique. Mais comment expliquer les récents échecs aussi bien de Tsahal au Liban, que celui de l’armée américaine, incapable de faire face à la guérilla ? Ces deux engagements sont pourtant marqués du sceau de la Transformation.
Les deux protagonistes adverses, le Hezbollah et les milices chiites irakiennes, ont très bien compris qu’elles ne pouvaient pas rivaliser à la régulière. Elles ont donc opté pour la guerre asymétrique, inspirée des mêmes principes que la guérilla vietnamienne de Giap : furtivité, harcèlement et « maîtrise de la population ». Elles ont réussi à réduire l’écart technologique.
La France par mimétisme s’est engagée dans la voie de la Transformation.
Sans se poser la question de l’adéquation des moyens aux visées stratégiques. Le coût de ses innovations grève nécessairement le budget militaire et peut avoir des conséquences de toutes nos fonctions opérationnels et logistiques, et notamment sur nos capacités de projection (avions de transport…). Peut être le seul intérêt de la Transformation est t’il de permettre à la France de jouer correctement un rôle de supplétif au sein de l’OTAN.
Le Livre Blanc et l’accent mis sur le contre terrorisme :
Le Livre Blanc établit la liste des risques et menaces que le pays peut rencontrer. Dans l’ordre : attentats terroristes, attaques informatiques, menaces balistiques, pandémies, catastrophes naturelles, criminalité organisée... Paradoxalement un conflit symétrique serait, dixit la commission, "une surprise stratégique" ! Le Livre Blanc de 1994 fixait à l’Armée de Terre un contrat opérationnel en cas de conflit majeur de 50 000 hommes. Celui de 2008 le réduit à 30 000.
Les ambitions de la France semblent se réduire à peau de chagrin. Tout au plus deviendrons nous un allié mineur des États Unis dans le cadre de la lutte mondiale contre l’islamisme, comme nombre de membres de l’OTAN. Quid de nos ambitions internationales ? Et d’ailleurs en aurions-nous les moyens ? La question peut être posée.
B) Une nouvelle population
En 1996, la professionnalisation des armées est initiée. Cela marque la fin de la conscription.
« L’histoire retiendra l’ampleur des bouleversements engendrés par la professionnalisation et l’importance des moyens mis en œuvre pour les accompagner. Bouleversements humains tout d’abord : réduction de près du quart des effectifs des armées, départs de nombreux cadres, recrutement massif d’engagés, accueil de volontaires, accroissement de la proportion des civils dans les services et même dans les unités...
Bouleversements structurels aussi puisque la carte des implantations de la Défense sur le territoire national ont été entièrement redessinée. Entre
1997 et 2002, l’armée de terre a ainsi procédé à la dissolution de plus de 40 de ses régiments, l’armée de l’air aura fermé quatre bases aériennes et la marine désarmé une vingtaine de bâtiments. Aucun secteur d’activité n’est épargné comme en témoigne par exemple la fermeture de 7 des 16 hôpitaux du service de santé. Pour accompagner ces changements, les gouvernements successifs ont consenti, avec l’appui de la représentation nationale, des efforts financiers conséquents. 3,6 milliards de francs auront ainsi été consacrés, en six ans, aux pécules de départ des cadres, 6,5 milliards à la reconversion des personnels tandis que le fonds pour les restructurations de la Défense était doté de plus de 1,3 milliard. » (defense.gouv)
C) La PEGP et la RGPP appliquée à l’Armée de Terre :
Toujours dans une logique de rationalisation a été mis en place en 2008 la PEGP (Politique d’Emploi et de Gestion des Parcs). Auparavant les régiments avaient à leur charge l’entretien de leurs propres véhicules. Chaque équipage avait à cœur de maintenir l’engin sur lequel il allait partir au combat dans un état opérationnel. Ce n’est plus le cas avec la PEGP.
La quasi-totalité des véhicules et aéronefs des armées sont désormais rassemblés dans des parcs qui ne sont plus à la main des régiments et donc des combattants « usagers ». En résulte une moindre disponibilité (le véhicule n’étant plus à portée de main) et un investissement limité des personnels dans l’entretien et de moindres précautions dans l’usage (on est toujours moins précautionneux avec ce qui ne nous appartient pas directement). Cependant il est prématuré de tirer des conclusions, au regard de la récence de la mise en œuvre de cette politique.
III Répercussions sur le quotidien des unités de l’Armée de Terre.
A) L’absence de moyens
Les véhicules :
Les unités combattantes ne disposent quasiment plus de leur matériel. Cela est particulièrement vrai pour les unités de char. D’où une certaine difficulté pour maintenir un haut niveau opérationnel. Ces difficultés s’étendent y compris aux Véhicules Légers Tous Terrains (P4) et aux camions de transport (GBC et TRM).
Munitions
Il est très difficile pour une unité de mêlée de réaliser des tirs, que ce soit sur arme légère (FAMAS) ou collective (mitrailleuses, canons de 20mm…).
B) Les difficultés de commandement
L’accent étant mis sur la fidélisation des engagés et la qualité de ceux-ci n’étant pas au niveau pour les raisons susdites, il devient délicat pour les cadres de commander avec sérénité et efficacité. Concrètement il est de bon ton de respecter un certain taux d’attrition lors de la formation initiale des jeunes engagés (« les classes »). Ce qui a un impact direct sur la sélection et la qualité du recrutement. Évidemment certaines unités restent épargnées et d’autres semblent cumuler ces difficultés.
L’absentéisme :
Les jeunes engagés les plus récalcitrants à la discipline militaire comprennent très vite les défauts du système et usent et abusent des arrêts maladie (appelés dans le jargon militaire PATC). Ce qui les met à l’abri de toute sanction disciplinaire.
L’indiscipline :
Les vices de la société se retrouvent au sein des armées. Certains individus semblent n’avoir eu pour première approche de l’armée que le biais des jeux vidéo. Inutile de préciser le « traumatisme » subi au contact de la discipline militaire. D’où le refuge dans des arrêts maladie. L’usage de stupéfiants (alcool, cannabis… héroïne) est un point noir important et peut avoir des conséquences non négligeables sur le potentiel opérationnel.
Plus dérangeante est l’influence de l’Islam. Certains jeunes engagés musulmans ont refusé d’aller combattre en Afghanistan contre leur « frères ». Ils ont été radiés.
Cependant l’armée joue un rôle important dans la réinsertion de
nombreux jeunes qui réussissent à s’intégrer au système, notamment grâce à la persévérance des cadres de contact (chefs d’équipe, chefs de groupe, chef de peloton…) et de leur hiérarchie directe (capitaines et chefs de corps).
C) Un fossé grandissant entre l’Armée et la Société Civile
La fin de la conscription a créé un fossé entre le monde militaire et le monde civil, et plus particulièrement les jeunes générations qui ont pour seul contact avec l’armée la JAPD.
De plus la nature des engagements actuels de l’armée peut poser la question de son utilité directe aux citoyens. Une grande partie de l’opinion publique peut difficilement comprendre le pourquoi de la présence française en Afghanistan et peut également se poser la question de la pertinence de consacrer des milliards d’euros pour le maintien d’un potentiel militaire alors que les menaces apparentes visant notre pays semblent limitées.
D) Why we fight ?
Tout cela peut amener nombre de militaires à remettre en cause leur engagement. Nombreux sont ceux qui se sont engagés avec une haute image de leur pays. Ils peuvent parfois se sentir découragés au regard de l’imprécision stratégique de nos politiques, de la faiblesse des moyens alloués et de la difficulté quotidienne à maintenir ce qui fait le cœur de leur métier : la discipline.
Pour celui qui tient en haute estime son pays, le tableau peut sembler noir : flou stratégique conduisant à un alignement sur les États Unis, pénurie des moyens amenuisant le potentiel opérationnel, individualisme menaçant le fonctionnement collectif. Il faudrait pour inverser la tendance un sursaut républicain. Les difficultés ne sont pas principalement militaires, mais politiques. Les armées sont riches des meilleures volontés et des plus belles vertus (courage, abnégation, solidarité…) nécessaires au rétablissement national.
Certes on peut stigmatiser le comportement parfois lâche de certains officiers supérieurs, plus préoccupés par leur carrière que par l’intérêt général mais l’arme la plus efficace a toujours été, et demeure, l’arme spirituelle. Redonnons une âme à la patrie de Robespierre et Clemenceau et le temps des armes redeviendra celui des lois respectées.
Capitaine Philippe De Champfrémont
REACTIONS CHOISIES
1
Le commentateur courageusement anonyme mais visiblement aigri qui prétend, ci-dessus, que chez les chefs militaires français "la capacité au commandement (serait) catastrophique" a tout faux. Je le dis pour les lecteurs qui ne connaissent pas l’armée actuelle et pourraient croire que ces calomnies sont vraies.
Sans doute notre calomniateur est-il sous l’influence des insultes proférées par des politiciens de l’UMP à Carcassonne et à Marseille. Du fait que l’on n’avait jamais entendu ça, même sous les gouvernements les plus antimilitaristes, les gens influençables (c’est le cas de celui qui est trop timide pour écrire en signant de son nom) se laissent impressionner.
La sélection des officiers par la culture générale est parfaitement justifiée : "la véritable école du commandement, c’est la culture générale" écrivait le colonel Charles de Gaulle. Celui qui a rassemblé et guidé une Nation savait de quoi il parlait.
Bien évidemment, il y a des gens qui récoltent de mauvaises notes aux concours parce qu’ils écrivent n’importe quoi avec trop de fautes d’orthographe. Et d’autres qui n’ont pas assez de courage pour travailler et se présenter au concours. Comme ici notre calomniateur anonyme et aigri, ils considèrent que c’est le concours qui est mauvais et pas eux-mêmes.
Après que le concours a sélectionné les plus doués pour commander, il y a ensuite la formation : dans nos écoles d’officiers, elle est si performante que l’on n’a pas assez de places pour accepter toutes les demandes des pays étrangers qui voudraient nous envoyer des stagiaires. Le Qatar crée Saint-Cyr au Qatar, avec les cours tout en français, pour former les officiers des pays de la région.
Quant à ce constat qui serait "accablant" d’après notre courageux anonyme, l’on aimerait savoir quelle est l’expérience militaire qui lui permet d’affirmer ça. L’on peut voir ici une vidéo montrant une section du 3°RIMa qui accroche en Afgha le 26 octobre dernier : cette vidéo contredit point par point les calomnies du commentateur précédent. http://www.france24.com/fr/20091027...
Enfin, l’on aimerait savoir ce que signifie cette affirmation : « les concours inadaptés depuis les années 80 ». Que s’est-il passé dans les années 80 concernant les concours ? En ma qualité d’ancien du 3°RIMa, je connais bien les officiers et les sous-officiers actuels : je peux témoigner de leur qualité, je n’ai aucun doute sur leur capacité au commandement et je sais de quoi je parle.
Yves Cadiou http://operationtacaud.wordpress.com/
2
Dénigrer la valeur et la qualité des officiers et sous-officiers de l’armée en quelques phrases mal senties, dans un mauvais français et dans une orthographe approximative, transpire la méchanceté gratuite et reflète quelque part la jalousie du médiocre.
Le principe de la sélection par concours avant une formation, elle même jugée excellente par nombre d’autres pays ( y compris jusqu’aux aux Etats-Unis) me parait être le meilleur modus operandi pour la formation des cadres.D’autant que le cursus militaire met particulièrement l’accent sur la qualité du management et le rapport entre donneur d’ordre et subordonné... nombre de grandes écoles civiles seraient d’ailleurs bien inspirées de prendre modèle qui fournissent aux entreprises, des cadres frais émoulus à peine sortis de l’adolescence, convaincus de leur omniscience et qui prétendent ordonner avant d’avoir appris à obéir !
Maintenant, tous les élèves n’arrivent pas major de leur promotion, nous aurons donc au final un panel de personnels dans la chaine de commandement, avec des compétences plus ou moins égales, soit une disparité qui peut être accentuée par la valeur intrinsèque de l’individu.
Mais en aucun cas, cela ne saurait remettre en cause la valeur d’un système de sélection et de formation qui a fait ses preuves !
9 commentaires pour cet article
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alfred 23 avril 15:03
Il faut pas dires,il y un siècle,la France était au sommet de son expansion,toutes les religions était reconnus,et en France, il n’y avait pas que des blancs,toutes les cultures était représenter lors le l’exposition universelle de 1889,le narrateurs de cette remarque à vraisemblablement des problèmes de cultures,il confonds la métropole,centre exécutif de la république française,avec la France,qui est présente sur les cinq continents.
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sipovich 19 avril 22:36
Une nation ne se creer pas par une couleur ou une religion, mais par un ideal qu’ aujourd’hui notre pays n’offre pas...
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26 novembre 2009 23:02
Je pense que pour faire "rayonner la nation", il faudrait peut-être qu’il y en ait encore une.
Or il n’y a plus rien : Des peuples différents, avec des croyances différentes, sur un même territoire défini par des frontières purement virtuelles.
Il y a un siècle, en France, il n’y avait que des Blancs, grosso-modo tous catholiques et partageant la même Histoire.
Ça veut dire qu’une fois par semaine, toute la ville se retrouvait à l’église, pour la sainte Messe, du notaire aux femmes de ménage en passant par les étames.
Et les hommes faisaient leur service militaire.
Les jeunes apprenaient le catéchisme comme leurs ancêtres et le Latin, sans lequel il est impossible de comprendre la langue française et la culture française.Là, il y avait une Nation, avec une véritable unité.
M1tnan c plu too ta a fé kom Sa ta Vu kouZin wesh wesh...
Pour recréer une nation avec ça, bonne chance.
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Kelt Warrior 2 novembre 2009 11:35
Dénigrer la valeur et la qualité des officiers et sous-officiers de l’armée en quelques phrases mal senties, dans un mauvais français et dans une orthographe approximative, transpire la méchanceté gratuite et reflète quelque part la jalousie du médiocre.
Le principe de la sélection par concours avant une formation, elle même jugée excellente par nombre d’autres pays ( y compris jusqu’aux aux Etats-Unis) me parait être le meilleur modus operandi pour la formation des cadres.D’autant que le cursus militaire met particulièrement l’accent sur la qualité du management et le rapport entre donneur d’ordre et subordonné... nombre de grandes écoles civiles seraient d’ailleurs bien inspirées de prendre modèle qui fournissent aux entreprises, des cadres frais émoulus à peine sortis de l’adolescence, convaincus de leur omniscience et qui prétendent ordonner avant d’avoir appris à obéir !
Maintenant, tous les élèves n’arrivent pas major de leur promotion, nous aurons donc au final un panel de personnels dans la chaine de commandement, avec des compétences plus ou moins égales, soit une disparité qui peut être accentuée par la valeur intrinsèque de l’individu.
Mais en aucun cas, cela ne saurait remettre en cause la valeur d’un système de sélection et de formation qui a fait ses preuves !
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1er novembre 2009 12:03
TANGO :à lire le dernier commentaire,tous serai pour le mieux du monde dans la chaine de commandement dans l’armée,ce n’est pas le cas,malheureusement nous récupérons ces nouveaux officier qui sont déjà de la génération play-station,avec des jeunes soldats de la même génération,qui de toutes façon n’ont rien compris à l’armeé ,(il y a de la lumière et à mangé),à part quelque exception ils veulent tous devenir Général,pas trop d’opex parce que madame pourait ne pas être contente,et de toute façon ils doivent faire que du sociale si non les jeunes qui ne son plus habituer à grand chose risque de quitter l’armée ou à déserter.
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