Anciens militaires et séniors, SOS réseaux, le reclassement est acrobatique.

Situation des seniors
Entre les objectifs de plein emploi pour les seniors décidés par le gouvernement et la réalité, il y a un gouffre. En France, un senior, au-delà de 55 ans, est qualifié de travailleur âgé. Question de mentalité sûrement, qui, dans notre pays bloque cette frange de population devant les portes de l’emploi. Nous constatons que la France, de ce point de vue, en Europe, est la – presque - dernière de la classe puisque le taux d’emploi de ces fameux seniors est un des plus bas d’Europe. Bruxelles, à coups de pénalités, tente de ramener la France à la raison (de l’emploi) mais malgré cela, la frilosité des entreprises et les accords de branche passés, les anciens restent sur le tarmac. Et ces seniors, c’est aussi des anciens militaires.
Nouvelle formation : la clef ?
La reconversion des militaires, si elle est plutôt bien organisée, n’échappe pas à la sinistre réalité. Passé 45-55 ans la longueur du CV devient si encombrante qu’il vaudrait mieux faire la promotion de ses compétences d’avenir que de ses compétences passées. Quoi qu’il en soit et qu’elle que soit son allure, 45-55 ans est un âge difficile pour trouver du travail – en France. Une nouvelle formation, pour un jeune senior, sera souvent la clef d’une reconversion réussie.
Salaires minorés
Le militaire qui tentera le reclassement n’aura jamais connu le chômage ; ses illusions, son côté tout neuf dans la vie civile le sauveront peut-être de l’angoisse, mais il se retrouvera, immanquablement, en compétition avec des hommes et des femmes ayant aussi des compétences de bon niveau. L’expérience ne devrait pas avoir de prix mais, trop en avoir ne garantit aucunement de dépasser son ancien salaire, ni même de le retrouver.
Un employeur qui décidera de rédiger un contrat d’embauche d’un senior, le fera souvent avec un esprit social et une volonté de réduire au maximum les charges de l’entreprise, rendant possible une réinsertion dans une gamme de bas salaire loin des attentes du senior demandeur d’emploi. Ce schéma semble correspondre à une majorité de cas même si, de nombreux anciens militaires en particulier accèdent à des niveaux de salaires et de responsabilités élevées. Ces deuxièmes carrières sont souvent, hormis en libéral, le reflet des premières. Un ingénieur général de l’armement aura de meilleures chances qu’un adjudant de compagnie, la comparaison s’arrête là. Le militaire senior en reclassement entre en compétition avec un grand nombre de civils licenciés victimes d’une économie bousculée par la crise, grand nombre qui ne s’en sortira pas.
Le senior recherchera un emploi ; le chef d’entreprise des allègements de charges, des réductions de taxes et des aides soumis à des contraintes administratives strictes. Nous sommes ainsi loin des CDI attendus et la situation ne semble pas s’éclaircir. Les attentes des uns et des autres sont souvent divergentes quant au traitement contractuel de l’embauche.
Une des solutions, pour tout militaire, est de tenter le réseau. Reste cependant à démontrer de la fiabilité de ces réseaux et de leurs engagements à promouvoir leurs membres. Rien n’est prouvé de ce côté ; on en parle beaucoup, mode oblige mais dans la réalité, combien ont ainsi résolu ce problème de deuxième carrière en passant par un de ces fameux réseaux sociaux ? Beaucoup d’échanges sur le net, des CV qui voyagent, qui s’échangent, des bonnes volontés qui éclatent, des réunions qui regonflent le moral mais, in fine, combien de réussites et à qui profitent réellement ces réseaux ? Nous tenterons de le savoir dans une prochaine étude.
Quelle est votre expérience en la matière ?Avez-vous confiance en les fameux réseaux ? Les avez-vous expérimentés ?
Jacques Trappler





Retour haut de page




