Accueil > Articles > Analyses
RIA Novosti
Les derniers événements dans les pays d’Afrique du Nord, et tout particulièrement en Algérie où les attentats relèvent, dirait-on, plutôt du quotidien, n’auraient sans doute pas attiré une attention aussi soutenue des médias et, par conséquent, de l’opinion internationale, n’étaient certains détails significatifs.
Il s’agit avant tout d’attentats en série. Ainsi, le 11 mars dernier, un terroriste-kamikaze s’est fait exploser dans un cybercafé de Casablanca (Maroc). Le 10 avril, toujours à Casablanca, au cours d’un raid policier, encore trois kamikazes se font exploser, un quatrième est
abattu avant même d’actionner sa charge. Le lendemain, mais à Alger, un double attentat est perpétré par des kamikazes : en plein centre de la capitale en touchant un des symboles du pouvoir, le Palais du gouvernement, et dans l’est de la ville - le siège du bureau algérien d’Interpol et une caserne policière. Le 12 avril encore un attentat a été déjoué dans la capitale de l’Algérie. Mais le 14 avril, de nouvelles explosions retentissent à Casablanca, cette fois dans un quartier résidentiel du centre-ville où se situent essentiellement des missions diplomatiques étrangères.
On en est encore loin sans doute. Quoi qu’il en soit, vu le fait que tant le Maroc que l’Algérie sont pratiquement à la veille des élections législatives, une éventuelle déstabilisation de la situation dans ces pays n’est pas du tout à exclure. Et ce, d’autant que la jeunesse musulmane y désapprouve la politique de l’Occident, et en premier lieu celle des Etats-Unis à l’égard de l’Irak, de la Palestine et de l’Iran, ainsi que tous les processus de mondialisation en cours "à l’occidentale". C’est justement ce mécontentement qui est souvent exploité par les extrémistes. On a tout lieu de supposer que les terroristes estiment de leur devoir de démontrer que la politique des autorités au Maroc et surtout de l’Algérie en matière de lutte contre l’islamisme radical a complètement échoué. Tout était inutile, tant le "bâton" que la "carotte". Un risque de déstabilisation de la situation politique intérieure existe aussi en Tunisie bien que sans doute à un degré moindre.
Ce n’est certes pas par hasard que le groupe qui a revendiqué les attentats à Alger se nomme "Al-Qaïda Maghreb". En d’autres termes, il ambitionne d’étendre ses activités à l’ensemble de la région maghrébine. Jusqu’à tout dernièrement, il portait le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).
Selon Nikolaï Mokhov, nul n’ignore que depuis la fin des années 1990 le Groupe salafiste recevait d’Al-Qaïda une assistance financière et organisationnelle. Ces derniers temps, les informations sur les actions de ce groupe apparaissent de plus en plus souvent sur les sites Internet liés à Al-Qaïda. Par conséquent, le lien entre ces deux groupes est devenu tout bonnement officiel sans parler du changement de nom du CSPC. L’expert attire aussi l’attention sur le fait que ces derniers attentats ont été perpétrés par des kamikazes, ce qui est plutôt typique d’Al-Qaïda. Jusqu’ici les islamistes algériens, y compris ceux d’Al-Qaïda Maghreb, ont, en règle générale, employé une autre tactique.
Pour ce qui est des attentats du Maroc, nul ne les a pas encore revendiqués officiellement, mais les experts, y compris ceux du Maroc, ne doutent un seul instant que les événements dans leur propre pays et en Algérie remontent aux mêmes sources.
Il y a d’ailleurs encore un indice de leur rapport direct avec Al-Qaïda. C’est le fait que les derniers attentats terroristes en Algérie et au Maroc sont liés d’une façon ou d’une autre au chiffre "11" qui est devenu en quelque sorte le label de qualité d’Al-Qaïda. Rappelons que le 11 septembre 2001, des attentats avaient été perpétrés aux Etats-Unis ; le 11 avril 2002, un camion-citerne chargé de gaz avait explosé devant la synagogue de la Ghriba, sur l’île de Djerba en Tunisie ; et le 11 mars 2004, des explosions avaient secoué une gare madrilène.
Rabat a d’ores et déjà déclaré sa volonté de renforcer la coopération des pays du Maghreb dans la lutte contre le terrorisme. Mais compte tenu des relations tendues entre l’Algérie et le Maroc à cause du Sahara Occidental, une coopération efficace dans n’importe quelle sphère d’activité apparaît comme très peu probable entre ces deux pays. Par conséquent, la tâche des autres et surtout de ceux qui peuvent en premier lieu devenir la cible de la fameuse filiale "méditerranéenne" d’Al-Qaïda consiste justement à faire tout le maximum pour que les appels à la coopération antiterroriste dans la région ne restent pas lettre morte, mais soient suivis de mesures concrètes visant à renforcer la sécurité.
Par Marianna Belenkaïa, RIA Novosti
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l’auteur.
rianovosti
Retour haut de page
Veuillez laisser ce champ vide :
Info : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.
Retour haut de page Retour aux commentaires
Aux anciens légionnaires parachutistes qui ont participé à l’opération "Bonité" sur Kolwezi en mai 1978. Tout a été dit sur Kolwezi sauf (...)
Arrivée depuis peu dans nos rangs, la femme militaire fait partie intégrante du dépliant commercial des armées. 14 juillet, de l’ENSOA à (...)
Ils étaient plus de 1000 scouts à se rassembler du 31 juillet au 3 août 2010 à Fort-Médoc en Gironde pour fêter le centenaire de la naissance du (...)
C’est en mars 2003 qu’avait commencé l’invasion américaine en Irak, (...)
Pas si simple... On attend, on attend, on attend. Le Brésil devrait, de source sûre, (...)
Moscou, Pékin et Washington doivent conjuguer leurs efforts en vue de renforcer la (...)
Des porte-hélicoptères français de type Mistral pourraient être construits sous (...)
Le 30 août 2010, le chef d’état-major des armées a reçu les conclusions de l’enquête sur l’origine des tirs qui ont fait trois (...)
En août 2007, l’US Air Force a fait savoir par l’intermédiaire de son Aeronautical Systems Group qu’elle cherchait un avion (...)
Le brouillard de la guerre résulte d’une incertitude fondamentale, provenant de l’absence de renseignement sur l’ennemi. On (...)
EN DIRECT DES ARMÉES POINTS CHAUDS DÉPLOIEMENT Alpins en Afghanistan : d’un mandat à l’autre COMBAT La DEA en Afghanistan (...)
Plus de vidéos