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Afghanistan : la France en première ligne

publié le mercredi 2 juillet 2008

C’est une guerre approuvée par l’ONU en opposition à celle d’Irak. C’est une guerre conduite principalement par les Etats-Unis et ses alliés, à laquelle la France participe, modestement, depuis 2001. Le temps est arrivé ou l’on peut désormais parler d’engagement français dans le conflit.


Par Jean-Marc Trappler


Notre participation n’a jamais été autant médiatisée qu’aujourd’hui. Entrée « officielle » dans la chasse au terrorisme international par l’envoi d’un renfort français par Nicolas Sarkozy ? Un toc toc à la porte du commandement intégré de l’OTAN ? Il faudra, sur ce dernier point, attendre encore un peu pour faire le lien si lien il y a … En attendant, la conférence de Paris sera celle des donateurs, car l’Afghanistan, pour se reconstruire aura besoin d’argent. De beaucoup d’argent…

De Chirac à Sarkozy…Quelles impressions donnent cette guerre à laquelle nous n’avons, nous Français, jamais vraiment adhéré ?

Une impression lointaine, lointaine par la distance et lointaine par des images – historiques -d’enlisement. Les nôtres, Algérie, Indochine. Celle des autres, Britanniques et Soviétiques en Afghanistan précisément. Aux souvenirs que l’on chasse s’ajoute le rejet des méthodes. Alors, cette guerre, la notre ? Chirac n’y a jamais vraiment cru, trop risqué. La guerre en Irak y était pour quelque chose. Le piège lui semblait trop évident ; notamment lorsque la zone de guerre, en 2006, gagna les provinces pachtounes du Sud.

Sarkozy est son contraire, sa solidarité atlantique joue à plein, nous sommes alliés, donc concernés, donc « implicables ». CQFD. Vouloir que la nation afghane s’affranchisse du joug taliban et trouve les solutions à ses problèmes, sur un modèle que nous financerons, est un sentiment qui l’honore. Mais les alliés combattent d’abord un terrorisme dont l’influence, servie par un obscurantisme évident sur les populations n’est pas prête de basculer au profit du modèle que nous tentons d’importer. Et pourtant, la pertinence d’un tel programme est criante. Cette conférence de Paris fixera les modalités à défaut des solutions notamment dans les secteurs de l’éducation, des approvisionnements en eau, de l’aide humanitaire, et du besoin de sécurité aux frontières.

L’intensification des aides - déjà bien engagée - à la formation des polices et armées nationales afghanes devrait permettre à Kaboul de reprendre les rênes en la matière.

La réconciliation politique sera elle aussi, évoquée, avec pour objectif, outre un renforcement des institutions, la mise en œuvre d’un processus démocratique débouchant sur des élections. En attendant, il faudra accroître nos efforts sur le terrain avec un double objectif, aider Kaboul à affaiblir l’insurrection et l’entente politique seule garante de la paix.

Ce sera aussi facile que de demander aux Afghans de renoncer à la culture du pavot. Autant ne pas trop nous illusionner.

Cette façon globale d’aborder le problème afghan, permet à Sarkozy de ne pas donner l’image d’une implication purement militaire en mêlant l’aide internationale aux options de l’OTAN. Là, nous marchons sur des œufs car si nous nous trompons de zone de largage pour une aide alimentaire, comment ne pas écarter le risque d’une erreur de cible lorsqu’il s’agira non pas de paquets de riz mais de bombes. L’actualité est là pour nous rappeler l’état de guerre, ses méprises et ses conséquences. Entre le choix politique de la participation et les conséquences des actions militaires, il peut y avoir un hiatus qu’il faudra assumer d’autant plus que tous les alliés n’obéissent pas aux mêmes coutumes et lois de la guerre.


Sarkozy - Paris 12 juin :

La France doublera son aide pour la reconstruction de l’Afghanistan et maintiendra sa présence militaire aussi longtemps qu’il le faudra.


Entre la prudence chiraquienne et l’implication sarkoziste il y a peut-être l’ombre du retour dans le commandement intégré de l’OTAN ou tout simplement le souhait de « compter » dans le concert des grandes nations. Quoi qu’il en soit, si le pari est risqué il faut nous déterminer, nous ne pouvons plus balancer entre passivité et neutralité.

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