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AUTO-ENTREPRENEUR – Demain tous patrons ?

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La France bat son record historique de création d’entreprises cette année grâce au tout nouveau statut d’auto-entrepreneur qui représente 1 création sur 2. Créer sa boite en 15 minutes, ça marche vraiment ?

(Rédaction internationale) - La création d’entreprise ne s’est jamais aussi bien portée en France. Alors que l’on constate une progression depuis 2002, cette année 2009 bat tous les records enregistrant 337.568 entreprises nouvelles de janvier à septembre, contre 182.963 sur la même période en 2008. Ces bons résultats sont grandement imputables au tout nouveau statut d’auto-entrepreneur instauré le 1er janvier 2009 par la Loi de modernisation de l’économie, révèle l’INSEE. Le gouvernement et Hervé Novelli (photo AFP), le ministre des PME, qui espérait voir la création de 500.000 entreprises d’ici la fin de l’année, se réjouit.

Simplissime

Basé sur le statut déjà existant d’entrepreneur individuel et reprenant les avantages du statut fiscal de micro-entreprise, il s’adresse à des créateurs seuls. Il s’agit surtout d’un régime ultra-simplifié de création d’entreprise. Il dispense de la collecte de TVA, de taxe professionnelle (les 2 premières années), et de la tenue d’une comptabilité. Les cotisations, indexées sur le chiffre d’affaire, se font par prélèvement libératoire mensuel ou trimestriel. Il permet de limiter la responsabilité du créateur et le cumul avec différentes indemnités (RSA, retraite…).

En 15 minutes

Une série d’avantages pour des formalités de créations que l’on peut accomplir sur Internet en … 15 min. Les jeunes créateurs y voient un statut idéal pour démarrer, notamment dans le secteur des services. Ils sont donc 180.000 cette année soit 1 créateur sur 2 à avoir opté pour ce statut. Un tiers étaient chômeurs, un tiers salariés et on compte 6% de retraités. Ils semblent motivés puisque plus de 60% d’entre eux envisagent de passer en société pour développer leur petite entreprise. La raison est simple : le chiffre d’affaire dans le cadre de ce statut ne doit pas excéder 80.000 euros pour une entreprise de service et 32.000 euros pour les autres secteurs.

Sous réserve

Le statut suscite toutefois des interrogations. Par exemple, qu’en est-il du financement ? Quel crédit accordent les partenaires (établissements bancaires, fournisseurs, etc.) à ce genre de structures ? Avec un statut qui s’adresse en priorité à un public avec peu de qualification, comment prouver sa crédibilité ? De plus, seront-ils à même d’avoir les compétences pour développer leur activité en bons gestionnaires ? Les cotisations, imposées sur le chiffre d’affaire, ne tiennent pas compte du résultat qui lui peut bien être négatif. Et la liste est longue. Dernier point très sensible l’externalisation grandissante des postes de travail. Les entreprises cherchant à réduire leurs coûts y voient une alternative séduisante à l’embauche d’un salarié. Une aubaine pour les patrons, un coup dur pour les salariés. A moins que finalement ce soit l’avenir du salariat, se demandent certains. En attendant il faudra observer les chiffres globaux de l’année et les premiers indices économiques en 2010 pour savoir si ce statut est juste un feu de paille ou une réalité pérenne. Laetitia Gueugnon

3 septembre 2009
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